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TONY ESTANGUET : "PARIS 2024 VA MODIFIER LE QUOTIDIEN DES FRANÇAIS"

Le patron du Cojo (comité d'organisation des Jeux olympiques) a fait une étape à Rennes, vendredi 9 novembre. A l'occasion de l'assemblée générale des présidents des départements de France, Tony Estanguet lance une phase de communication dans les territoires sur l'enjeu sociétal de Paris 2024. L'ancien triple champion olympique de canoë estime avoir besoin de « tout le monde » pour réussir le plus grand défi de la France.

Au cinquième étage d'un immeuble cossu du Boulevard Haussmann, Tony Estanguet pilote une équipe de 90 personnes. A terme, quelques mois avant les Jeux olympiques 2024, le président du Cojo dirigera quelque 4500 personnes. Le comité d'organisation devra au préalable quitter son siège parisien pour des locaux plus vastes en Seine-Saint-Denis.

À moins de six ans de l'échéance, le patron, flanqué de Bernard Lapasset, avec qui il s'est jeté à l'eau en 2015, reprend le chemin du terrain. Le duo fait escale à Rennes, ce matin, devant l'assemblée des conseils départementaux. Et il a des messages à faire passer sur la nécessaire implication de tous les territoires.



Tony Estanguet a reçu Ouest-France pour faire un point du chantier Paris 2024. | Photo Philippe Renault, INTERVIEW :

- Avant d'aborder le cœur du sujet, une question intime : vous arrive-t-il de regretter de vous être embarqué dans cette aventure de Paris 2024 ?
(Dans un large sourire…) Mais depuis toujours, je me fais cette réflexion ! Quand j'étais athlète, c'était la même chose. Je me revois glisser sur le tapis roulant des JO de Sydney en 2000, à deux minutes du départ. Je me disais déjà : mais qu'est-ce que je fais là ? Et comment vais-je réagir dans le bassin ? En fait, j'ai toujours aimé ce type de situation.

- Vous vous en êtes toujours nourri ?
Oui, afin d'aller chercher en moi des trucs que je ne connaissais pas. Afin de forcer la machine quand j'avais l'impression d'être placé face à un défi trop important pour moi. Après les Jeux de Pékin en 2008, j'aurais pu stopper ma carrière. J'avais des opportunités. Mais j'ai préféré rempiler pour quatre ans sans avoir la certitude de me qualifier pour les Jeux 2012… Et encore moins d'y gagner un troisième titre.

- N'est-ce pas parfois difficile à assumer ?
Si, c'est dur parfois. Vous savez, il n'existe aucun manuel du bon président d'un comité national olympique et paralympique… Je vis une aventure dingue mais je suis content de me lever chaque matin. Quand j'ai arrêté ma carrière, on me disait que j'aurais du mal à retrouver l'adrénaline des titres olympiques. Eh bien ! je suis servi à la hauteur de ce que j'espérais. Dans cette seconde vie, je retrouve le piment de la première. Et je me dis que j'ai beaucoup de chance. Qu'un petit Palois pratiquant le canoë bénéficie d'une reconversion aussi forte, ce n'était pas gagné d'avance !


« C'est grâce au sport que la Corée du Nord et la Corée du Sud se parlent »



- En fait, vous avez toujours voulu rester dans cet univers du sport ?
Oui. Je ne souhaitais pas m'en éloigner car c'est ce monde qui m'a toujours fait vibrer. Ce qui m'excite, aujourd'hui, c'est de porter un projet qui montre le pouvoir du sport au plus grand nombre. Le sport révèle ce que chacun a de meilleur en lui. Il nous unit en dépassant les clivages. C'est grâce au sport, par exemple, que la Corée du Nord et la Corée du Sud se parlent.

-Vos fonctions ne vous forcent-elles pas à quelques concessions sur le temps sacré de la famille ?
C'est sûr que je n'ai pas autant de temps que je le voudrais. Mais il y a beaucoup d'autres gens dans ma situation. La vérité, c'est que j'ai trois garçons pleins d'énergie qui aimeraient bien que leur papa soit plus présent. Mais j'arrive encore à trouver un équilibre.

- Quel message voulez-vous faire passer devant l'assemblée des conseils départementaux à Rennes ?
Je viens dire aux départements qu'ils auront toute leur place dans Paris 2024. Au-delà des sites de compétition, il est capital que se construise une vraie mobilisation des territoires. Je viens voir ce qui peut être mis en place dans chaque département pour qu'il ait envie d'embarquer ses habitants.

- Ce seront donc les Jeux des Français, pas seulement des Franciliens ?
Les compétitions auront lieu en région parisienne parce que c'est une vraie force que les athlètes soient à trente minutes maxi des sites. Mais je m'attache à démontrer que ces Jeux ne sont qu'un prétexte pour développer la place du sport dans notre pays. Dès le début de l'année prochaine, nous allons mettre en place des actions. Par exemple une semaine olympique dans toutes les écoles de France en février. Nous allons aussi entreprendre une tournée des régions.


« On est là où on voulait être »



- Le 13 septembre 2017, à Lima, le CIO vous a attribué les Jeux. Votre projet est-il dans les temps ?
Cette première année est passée très vite, ce qui est plutôt bon signe. Je trouve notre projet plus fort aujourd'hui qu'il y a 14 mois. On a conforté ce qui était très solide tout en améliorant ce qui pouvait l'être en prenant en considération différentes remarques entendues çà et là, du CIO notamment. On est là où on voulait être.

- Mais encore ?
Je prends l'exemple de la gouvernance : tout le monde continue à être actif, alors qu'il y avait un danger d'éclatement (après Lima, lors de la dissolution du comité de candidature). Par ailleurs, la Loi olympique et paralympique a été adoptée tout de suite.

- Les différends liés aux sites ont été aplanis ?
Nous avons regardé de plus près les sites où existait un risque de dépassement budgétaire. Notamment la piscine à construire. Nous avons maximisé l'héritage en privilégiant la rénovation de neuf bassins. Le territoire de Seine-Saint-Denis en sortira renforcé. Actuellement, un élève sur deux entrant en classe de sixième ne sait pas nager…

- Vous communiquez beaucoup sur des Jeux différents. Mais en quoi seront-ils différents ?
Nous aspirons à devenir une référence en termes d'organisation autour de deux enjeux. Un : la célébration. Nous la voulons époustouflante, que chacun en prenne plein les yeux. Nous voulons que soient magnifiées les émotions. Deux : notre plate-forme sera au service de la population. Nos Jeux vont modifier le quotidien des Français car j'ai la conviction que le sport change la vie.


« Ce ne sont pas les Jeux qui coûtent cher »



- Depuis des décennies, les JO traînent comme un boulet le dépassement des budgets. Que dites-vous au contribuable français qui s'inquiète ?
Je lui dis que c'est la construction des infrastructures qui cause des dérapages. Ce ne sont pas les Jeux qui coûtent cher. Or, 95 % de nos sites sont existants. Que les gens le comprennent bien : les Jeux génèrent de l'argent. Le budget d'organisation sera stable car financé par les sponsors, les droits TV, la billetterie, les valeurs autour du projet qui génèreront des bénéfices réinvestis dans l'organisation. C'est la raison pour laquelle nous avons séparé les coûts. Dans les 3 milliards d'euros affectés au coût des infrastructures, il y aura la construction de 3500 logements en Seine-Saint-Denis. C'est la contribution de Jeux tournés au service de la population.

- Où en êtes-vous du financement provenant du partenariat privé ?
Normalement, le CIO nous concédera la marque « olympique » sur le territoire français à compter du 1er janvier 2019. Mais nous avons déjà signé un accord avec lui en août, ce qui nous a permis d'annoncer notre premier partenaire (la BPCE). D'autres vont suivre, on s'y emploie, ce sera un gros chantier en 2019.


« Profitons des Jeux pour repenser notre modèle »



- Les signaux envoyés par le ministère des Sports, récemment, ne traduisent-ils pas un paradoxe ? On a le sentiment que la France a obtenu les Jeux mais qu'elle ne mettra pas le paquet pour les accueillir ?
Je suis moins tranché que ça. Le contexte budgétaire n'est pas simple. Tous les robinets ne peuvent être ouverts par Bercy. Chacun doit faire des efforts. Soyons créatifs ! Le jour où l'on aura pris conscience des bienfaits du sport dans notre société, un grand pas aura été fait. Profitons des Jeux pour repenser notre modèle, redéfinir nos statuts, notre financement. Il faut se situer dans ce débat.

- Comprenez-vous la grogne actuelle du mouvement sportif ?
C'est de bonne guerre. Je sais le rôle majeur et sociétal joué par tous les bénévoles dans les clubs. Souvent les clubs ne reposent que sur les épaules de quelques-uns. Je suis bien placé pour le savoir car je suis toujours actif à mon club de toujours (le CUP à Pau). Il y a des solutions à trouver pour mieux valoriser leur engagement.

- La création prochaine de l'ANS (agence nationale du sport) va-t-elle dans le bon sens ?
Oui, car notre modèle sportif date des années 60 et a besoin d'un souffle nouveau. L'ANS va associer tous les acteurs et même intégrer le monde du privé, ce qui est une bonne chose. Mais elle ne pourra régler à elle seule tous les problèmes. On dispose de moins de six ans pour porter un projet fort. Avec pour idée de surprendre !






Source : www.ouest-france.fr 9/11/2018



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